Une bonne intention, un résultat désastreux

La commission économique de la Knesset a failli à sa mission, et c'est nous qui en avons payé le prix. Non pas par mauvaise volonté, mais à cause de bonnes intentions qui n'ont pas résisté à l'épreuve du réel. La commission avait souhaité protéger les automobilistes contre la surfacturation dans les parkings en instaurant une facturation à la minute. Or le résultat fut exactement inverse : les usagers ont davantage payé, les exploitants de parkings ont davantage gagné, et le coût du stationnement a flambé.

À la décharge de la commission économique, disons qu'elle a agi d'une manière qui n'a rien d'évident dans la politique israélienne : elle a eu le courage civique d'admettre que l'expérience avait échoué. La décision d'abroger le dispositif et de revenir à l'ancien système de facturation dans les parkings n'est pas une simple correction technique de la loi. C'est la reconnaissance que, dans ce cas précis, une réglementation conçue pour protéger le consommateur s'est transformée, en pratique, en mécanisme de ponction financière injustifiée.

Une leçon d'économie fondamentale

Pendant des mois, les automobilistes ont payé davantage pour se garer, parce que le marché a fait exactement ce que tout économiste aurait pu prévoir : les tarifs ont été relevés, et les prix avec eux. Cette histoire ne parle pas de parkings. C'est un cours d'économie de base.

Trop souvent, les politiciens croient pouvoir changer la réalité par la rédaction d'une loi. Ils perçoivent une distorsion et s'empressent de la corriger par la réglementation, mais ils oublient que toute réglementation engendre une réaction en retour. Une entreprise n'est pas une œuvre caritative. Lorsque l'État modifie le modèle de revenus, l'entreprise cherche une autre façon de préserver sa rentabilité. Telle est la nature de tout marché — et il en fut ainsi dans ce cas également.

La facture d'une expérience réglementaire menée sur le dos du public

La commission économique corrige l'erreur, et c'est une bonne chose. Mais l'argent versé par les automobilistes ces derniers mois, personne ne le leur rendra. C'est là le coût pédagogique d'une expérience réglementaire conduite sur le dos du public. La leçon devrait accompagner la Knesset bien après que le débat sur les tarifs des parkings sera clos.

Avant chaque nouvelle loi qui promet de faire baisser le coût de la vie, il serait utile que quelqu'un pose une simple question économique : qui paiera le prix ?