Une victoire qui ressemble à un rappel à l'ordre

Ce n'était pas seulement une victoire. C'était un rappel. Un rappel de ce à quoi ressemble le Maccabi Tel-Aviv lorsqu'il arrive dans une série de championnat. Plus concentré, plus engagé, et surtout capable de savoir exactement ce qu'il veut faire à chaque possession. Tandis que l'Hapoel abordait ce match avec une belle confiance construite au fil d'une saison européenne impressionnante, les Jaunes sont arrivés avec un plan de jeu clair qu'ils ont exécuté de manière quasi parfaite.

Le plus grand écart n'était pas dans le talent, mais dans les ajustements. Oded Kattash a très rapidement identifié les points faibles de l'Hapoel et les a attaqués sans pitié. Le Maccabi a pénétré encore et encore dans la raquette, créé des avantages par le pick-and-roll et forcé la défense rouge à prendre des décisions qu'elle n'était pas en mesure d'assumer. De l'autre côté, Dimitris Itoudis a essayé différentes compositions, différentes rotations et différentes idées, mais rien n'a vraiment changé le visage du match.

L'histoire des effectifs incomplets

L'histoire de la soirée fut peut-être celle des effectifs lacunaires. Le Maccabi s'est présenté sans plusieurs de ses joueurs importants, et pourtant il a semblé une équipe complète. L'Hapoel, en revanche, a révélé à quel point elle dépendait de joueurs qui n'étaient pas là. Quand Mičić a eu du mal, que Madar n'a pas réussi à prendre le contrôle du match et que les ressources offensives étaient limitées, les Rouges n'ont trouvé aucune réponse réelle aux problèmes posés par le Maccabi.

Aifė Lundberg a été l'homme qui a symbolisé plus que tout autre la différence entre les deux équipes. Il a contrôlé le rythme, pris les bonnes décisions et insufflé un sentiment de sérénité à tous ceux qui l'entouraient. À l'opposé, Vasilije Mičić est apparu frustré, a perdu des ballons et a vécu l'un de ces matchs où rien ne s'assemble. Quand le meneur d'un côté semble en totale maîtrise et que celui de l'autre semble perdu, il est très difficile de gagner un match de finale.

Un écart d'intensité et d'énergie flagrant

Les différences au niveau de l'intensité étaient tout aussi frappantes. Le Maccabi a été premier sur presque chaque balle perdue, plus agressif en défense et plus affamé au rebond. Les chiffres bruts témoignent d'une domination au rebond offensif et d'un nombre élevé de pertes de balle côté Hapoel, mais ceux qui ont regardé le match ont surtout ressenti l'écart d'énergie. Pendant de longues minutes, cela ressemblait à une équipe persuadée d'être sur la voie du titre face à une équipe qui attendait que le match se règle de lui-même.

Et pourtant, il faut garder à l'esprit que ce n'est que la première manche. L'Hapoel possède suffisamment de talent pour revenir dans la série, et son entraîneur est suffisamment expérimenté pour procéder aux ajustements nécessaires. Madar, Jones et Mičić ne joueront pas ainsi chaque soir. La grande question est de savoir s'il s'agit d'une mauvaise journée isolée ou du symptôme d'un problème plus profond, révélé précisément au moment le plus crucial de la saison.

Le Maccabi, toujours naturellement à sa place dans les grands moments

Car s'il y a une leçon à tirer du match numéro 1, c'est que le Maccabi Tel-Aviv détient toujours l'actif le plus précieux du basket israélien : la capacité d'arriver dans les moments décisifs et d'y paraître totalement dans son élément. Exactement comme autrefois. Exactement comme dans les années 80. Exactement comme une équipe qui sait que le titre n'est pas un rêve, mais son « pain quotidien ».