Deux jours après l'élimination en séries éliminatoires d'EuroLigue, durant laquelle il n'avait joué que 10 minutes au total — dont la moitié en garbage time lors du deuxième match — Yam Madar accompagnait l'Hapoel Tel-Aviv pour un match en déplacement contre l'Hapoel HaEmek. Les rumeurs sur son départ vers le basketball universitaire américain (NCAA) avaient déjà filtré dans la presse, et tout le monde s'attendait à ce qu'il quitte Israël à la fin de la saison. Ce soir-là à Gan Ner, où l'Hapoel évoluait avec un effectif réduit, il signa une prestation catastrophique : 1 sur 9 aux tirs, pour seulement 5 points inscrits.

Un mois et demi après cette performance en chute libre, Yam Madar se trouve dans une situation radicalement différente. Il est redevenu le « roi » de l'Hapoel Tel-Aviv, peut-être au meilleur niveau de sa carrière. Il mène les Rouge-et-Blanc vers une finale des playoffs contre le Maccabi Tel-Aviv — une série qui pourrait briser 57 années de disette sans titre — et, dans le même temps, il a reçu une offre financière extravagante du propriétaire Ofer Inbar pour prolonger son contrat. Alors pourquoi tout cela pourrait ne pas suffire, et que devrait faire l'Hapoel Tel-Aviv pour le retenir ?

Des chiffres éloquents

Commençons par les statistiques. Sur les huit derniers matchs — les trois dernières journées de championnat et les cinq rencontres de playoffs disputées jusqu'à leur terme — Yam Madar affiche des moyennes de 21,6 points et 3,7 passes décisives par match. Il convertit 3,5 tirs à trois points par rencontre à un pourcentage frôlant les 60 %. Avant cette série ? Seulement 11 points et 3,9 passes, avec 1,3 trois-points tentés à 34 % de réussite.

Du côté de l'Hapoel, on explique qu'il s'est comme « libéré ». Dans son entourage, on est plus direct : le ballon est tout simplement beaucoup plus dans ses mains.

« Sans Elijah Bryant, sans Antonio Blakeney, Yam a enfin l'occasion de montrer ce qu'il aurait pu démontrer tout au long de la saison. Celui qui s'étonne de ce que Yam sait faire n'a probablement jamais vraiment regardé ses matchs. »

Une saison gâchée en EuroLigue

À quel point a-t-il été mis à l'écart cette saison en EuroLigue ? Depuis son retour de blessure en milieu de saison, Madar n'a joué que 16 des 28 matchs disputés par l'Hapoel dans la compétition. Sur ces 16 apparitions, il n'a dépassé les 10 minutes de jeu qu'à cinq reprises — dont trois furent ses meilleures performances en EuroLigue, notamment 20 points lors de la défaite à domicile contre Valence. Cela n'a rien changé : la semaine suivante, il ne jouait que 7 minutes et demie contre le Žalgiris, sans même prendre un seul tir. En tout, il a joué en moyenne 9 minutes et 42 secondes lorsqu'il était aligné, pour 3,1 points et 1,4 passes par match.

Cette mise à l'écart à l'Hapoel Tel-Aviv — due en partie à une blessure en début de saison, mais aussi à un manque de confiance du staff à son égard — a conduit Madar et ses proches à décider d'activer sa clause de sortie de contrat. Celle-ci étant financièrement très avantageuse, il avait résolu d'explorer la piste NCAA, une option qui n'est toutefois pas encore définitivement confirmée.

« Yam aime l'Hapoel Tel-Aviv, mais il ne peut pas vivre dans une telle situation sur le plan professionnel. »

Une offre en millions… mais pas suffisante

Sa forme éblouissante ces dernières semaines a toutefois relancé la réflexion chez toutes les parties concernées. Du côté d'Ofer Inbar, le propriétaire, la solution est, comme à son habitude, de mettre de l'argent sur la table. Inbar a proposé à Madar un contrat rehaussé à 2,5 millions de dollars par saison sur trois ans, contre les quelque 2 millions qu'il devait percevoir cette saison. Ceux qui pensaient que Madar allait sauter sur l'occasion vont être déçus.

« L'argent n'intéresse pas Yam. Ce n'est pas sans importance, mais ce qu'il veut, c'est avoir la certitude que sa situation professionnelle à l'Hapoel Tel-Aviv va changer. »

La clé : pas de remplaçant pour Chris Jones

Que doit alors faire l'Hapoel Tel-Aviv pour retenir Madar ? La réponse semble être : ne pas recruter de remplaçant à Chris Jones. Au poste de meneur, l'Hapoel a aligné cette saison Jones, Vasilije Micić, Tyler Ennis, et ponctuellement Elijah Bryant. Les trois derniers sont sous contrat pour la saison prochaine, tandis que Jones ne devrait pas être reconduit. Ennis, quant à lui, ne retrouvera la pleine forme qu'en cours de saison. Si Madar prend le rôle central occupé par Jones cette année, cela pourrait changer considérablement la donne.

Y a-t-il une chance que cela se produise ?

« L'Hapoel Tel-Aviv prospecte des arrières étrangers », admet une source senior du marché des transferts, « certains de très bon niveau, d'autres moins. S'ils ne voulaient pas recruter un remplaçant à Jones, ils ne le feraient pas. »

La balle est désormais dans le camp de l'Hapoel Tel-Aviv.