La sélection belge a réalisé hier soir (mercredi) un comeback époustouflant pour s'imposer 3:2 face au Sénégal et décrocher son billet pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Les Diables Rouges étaient pourtant menés 0:2 à cinq minutes de la fin, après des buts de Habib Diarra et Ismaïla Sarr. Mais Romelu Lukaku a réduit le score à la 86e minute, Youri Tielemans a égalisé à la 89e, avant que ce même Tielemans ne délivre les siens à la 125e minute — dans les ultimes instants des prolongations — sur penalty accordé après consultation du VAR. Il s'agit du but le plus tardif de toute l'histoire de la Coupe du monde.
Garcia salue le sang-froid de Tielemans
Le sélectionneur belge Rudi Garcia n'a pas tari d'éloges à l'égard de son capitaine, qui a dû affronter une pression colossale avant de s'élancer face au but. « Ce qui compte, c'est que Youri Tielemans ait eu le sang-froid et la qualité nécessaires », a déclaré Garcia. « À la 120e minute, ou même après, quand on est épuisé — et Youri le ressentait physiquement —, aller inscrire un tel penalty est une tâche difficile. Il y est parvenu, et grâce à cela il nous a propulsés en huitièmes de finale. Tout le respect à notre capitaine, il a été exceptionnel. »
Garcia a également identifié le moment-clé qui a, selon lui, changé la physionomie du match. Il estime que le Sénégal a commis une erreur en cherchant à gérer son avantage plutôt qu'à maintenir le jeu qui lui avait permis d'atteindre ce score. « Le Sénégal a perdu sa structure en fin de match », a analysé le technicien belge. « Ils voulaient conserver le 0:2, et c'était, à mon avis, une grande erreur. Cela nous a redonné confiance. À partir du moment où c'est devenu 1:2, le match a changé. » Garcia a ajouté : « Quand on revient de 0:2 à 2:2, ça vous donne une poussée d'adrénaline immense. Et ce genre de scénario peut souder un groupe encore davantage. »
La douleur du Sénégal
De l'autre côté, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a eu du mal à digérer l'élimination dramatique de son équipe. « C'est une défaite cruelle, car nous avons bien joué », a-t-il dit. « Nous avions l'avantage, nous menions 0:2. Mais un match de football ne dure pas 85 minutes. La Belgique est revenue, et nous n'avons pas su y faire face. » Il a ensuite reconnu que son équipe s'était trop repliée : « Le match était entre nos mains. On menait 0:2 et on a un peu reculé en fin de match pour défendre notre avantage. Après avoir encaissé le 2:1, on a reculé encore plus, et ils ont marqué le deuxième. »
La polémique n'a pas non plus épargné le penalty décisif. Tielemans a été fauché quelques instants avant la fin des 30 minutes de prolongation, et l'arbitre a accordé le penalty après visionnage de l'écran. Thiaw a tenté d'éviter toute critique directe : « Je ne veux pas interpréter la décision. Nous avons tous des lectures différentes lorsqu'il s'agit d'un penalty. » Il a toutefois ajouté : « Quand on l'a revu, notre interprétation était qu'il n'y avait pas penalty. Les joueurs ont essayé de protester, c'est leur droit, mais ils ont respecté la décision de l'arbitre. »
Des chiffres qui soulignent la grandeur de la soirée
Les statistiques ne font qu'accentuer la dimension historique de cette nuit belge. C'est seulement la deuxième fois en 11 Coupes du monde consécutives qu'une équipe renverse un déficit d'au moins deux buts en phase à élimination directe pour se qualifier. Et la fois précédente, c'était déjà la Belgique, avec son inoubliable victoire 3:2 contre le Japon en huitièmes de finale du Mondial 2018. Par ailleurs, Tielemans est désormais l'auteur du but le plus tardif de l'histoire de la Coupe du monde, tandis qu'Ismaïla Sarr, avec son quatrième but dans le tournoi, a égalé le record de Roger Milla — le joueur africain ayant inscrit le plus de buts lors d'une seule édition du Mondial.
La « génération dorée » reste en vie
Cette victoire a également maintenu en vie les derniers représentants de la fameuse « génération dorée » belge — Romelu Lukaku, Kevin De Bruyne et Thibaut Courtois. Pendant de longues minutes, il semblait que leur aventure allait s'arrêter là. Mais Lukaku, entré en cours de jeu, a relancé la Belgique, et Courtois a réalisé trois arrêts décisifs qui ont empêché le Sénégal de creuser davantage l'écart. « Tant que le match n'est pas terminé et que le coup de sifflet final n'a pas retenti, tout peut arriver — et nous l'avons prouvé », a conclu Garcia.
Pour le Sénégal, c'est un nouveau coup dur dans un grand moment, après avoir déjà été au cœur d'une polémique autour d'un penalty tardif lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations plus tôt dans l'année. Cette fois, pas d'abandon du terrain ni de protestation extrême, mais le sentiment était identique : un match qui leur appartenait leur a échappé au dernier instant. « Ce n'est pas facile de perdre un tel match », a conclu Thiaw. « Malheureusement, ça nous a échappé. C'est le football, c'est cruel, et ce n'est vraiment pas facile — mais il faut l'accepter, même si c'est difficile. »