Les enregistrements de David Zini, ses critiques contre la « judiciarisation » et le démantèlement du coin commémoratif dédié aux victimes du Shin Bet tombées le 7 octobre soulèvent de sérieux doutes quant à son aptitude à occuper ce poste. L'histoire de la démission d'Isser Harel rappelle à qui un chef des services de sécurité doit véritablement sa loyauté.

L'homme qui occupe la fonction de directeur du Shin Bet — l'un des postes régaliens les plus importants — doit comprendre que sa loyauté va en premier lieu à l'État, à sa sécurité, à ses citoyens, à ses lois — et non à celui qui l'a nommé. Cela vaut d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un Premier ministre mis en examen au pénal, qui aurait déjà exigé, selon des informations, de précédents directeurs du Shin Bet l'accomplissement de missions à caractère politique.

À cela s'ajoutent les déclarations de Zini sur les excès de la « judiciarisation » et les préjudices qui en découleraient, ainsi que sa décision de démonter le coin commémoratif dédié aux agents du Shin Bet tombés le 7 octobre. Tout cela dépeint un directeur du Shin Bet à coloration politique assumée, et conduit à la conclusion qu'il doit mettre un terme à sa courte carrière dans ce rôle.

La leçon d'Isser Harel

Harel, qui était très proche de Ben Gourion et l'admirait profondément, m'avait expliqué en son temps :

« Lorsque j'ai vu que Ben Gourion penchait à adopter la position du chef du renseignement militaire Meir Amit plutôt que la mienne, lorsque j'ai compris que l'accord de réparations et les marks allemands comptaient pour Ben Gourion autant que la sécurité de l'État, j'ai décidé de démissionner. »

« Ce ne fut ni facile ni simple, d'autant que j'avais compris que ma démission ne changerait pas la situation — mais en tant que directeur du Mossad engagé envers sa mission, je ne pouvais pas accepter cet état de fait. »

C'était là une loyauté totale et sans réserve — envers la fonction, envers la responsabilité nationale. Et c'est là toute la différence, petite en apparence mais immense en réalité, entre Isser Harel et David Zini, qui reconnaît lui-même que son principal avantage sur tous les autres est sa loyauté envers le chef.