Juin 2026. Donald Trump signe à Versailles un accord avec l'Iran. Le président français applaudit. Les caméras immortalisent la scène. Le monde entier célèbre.
Et il est difficile de ne pas penser à la dernière fois où le monde s'était réuni à Versailles pour signer un accord au lendemain d'une guerre. En juin 1919, l'Allemagne vaincue fut convoquée à la table des négociations et contrainte de payer. Elle perdit sa puissance, ses biens, reçut des restrictions et des réparations.
En 2026, le tableau est exactement inversé. Car si ce sont les États-Unis et Israël qui reculent, qui retirent leurs forces et qui paient pour les dommages de guerre, tandis que le régime iranien survit, se maintient au pouvoir et obtient une voie vers la reconstruction — alors une seule question simple se pose : qui exactement a été vaincu ici ?
Pendant des années, on nous a répété que l'Iran était la menace. Que le nucléaire était la menace. Que le terrorisme régional était la menace. Qu'il fallait exercer une pression jusqu'à ce que le régime de Téhéran comprenne qu'il avait perdu. Et puis vient le moment de la signature, et c'est précisément l'Iran qui semble pouvoir souffler.
La cérémonie se tient à Versailles, mais le message vient de Téhéran. C'est pourquoi la question la plus importante n'est peut-être pas ce qui est écrit dans l'accord, mais ce que l'on en pensera dans dix ans.
Se souviendra-t-on de lui comme du moment où l'Occident a imposé à l'Iran un véritable prix à payer ? Ou comme du moment où l'Iran a appris qu'il est possible de massacrer des dizaines de milliers de personnes, de lancer des missiles sur des civils innocents, de financer des organisations terroristes à travers le monde, de survivre à une guerre et de tenir suffisamment longtemps — pour recevoir des applaudissements dans le château de Versailles.