Il existe une génération qui n'a pas vécu Israël et qui peine, de ce fait, à le comprendre ou à se tenir à ses côtés lorsqu'il est attaqué. Cette génération est exposée en permanence à un contenu négatif, sans toujours réaliser qu'il s'agit de campagnes financées dont l'objectif est de saper la légitimité d'Israël. C'est précisément la venue en Israël qui renforce le sentiment d'appartenance et de lien.
Une étude récente de l'Université Brandeis a révélé que l'attachement à Israël est passé de 54 % à 74 % parmi les participants au programme Taglit (Birthright), tandis qu'une baisse de cet attachement a été observée chez les jeunes qui ne s'y sont pas rendus — en particulier chez les jeunes libéraux. Au cours des trois dernières décennies, près d'un million de jeunes Juifs issus d'environ 70 pays ont visité Israël dans le cadre de Taglit, dont quelque 50 000 depuis le 7 octobre. Il s'agit là de l'un des ponts humains les plus significatifs entre Israël et le monde juif.
Face aux dizaines de milliards de dollars investis dans des campagnes anti-israéliennes à travers le monde, la diplomatie publique seule ne suffit plus. Et s'il y a certes lieu d'élargir et d'améliorer les investissements en matière d'information dans l'espace numérique, rien ne saurait remplacer la venue physique du plus grand nombre possible de jeunes en Israël — y compris en tant que touristes — pour une rencontre directe avec la réalité du terrain et la création d'un lien émotionnel profond et durable.
Si nous n'investissons pas dans cette génération, qui deviendra bientôt les dirigeants, les décideurs et les façonneurs de l'opinion publique, nous découvrirons très vite que l'érosion des consciences se mue en une réalité politique et sécuritaire extrêmement difficile à renverser. Si nous voulons garantir l'avenir du lien entre Israël et le judaïsme mondial, nous devons nous assurer que la prochaine génération ressente qu'Israël fait partie de son histoire personnelle.