« Allez, disait la chanson, les gars, ça suffit, arrêtez de vous battre, donnez une chance à la paix. » Ça sonnait bien, mais ça s'est terminé par un bain de sang, une occupation violente, et d'innombrables personnes qui se sont noyées en mer en tentant de fuir un pays que les communistes du Nord-Vietnam avaient transformé en dictature. Ça s'est terminé par des camps de rééducation, des exécutions, des gens accrochés à des hélicoptères qui tombaient dans le vide à une hauteur mortelle en tentant de fuir avec l'armée américaine en déroute. Ce sont des images douloureuses que je ne veux plus jamais revoir — et certainement pas les voir se reproduire dans l'État d'Israël.

Une bannière qui ne s'adresse pas qu'au président

Cette inscription face à la résidence présidentielle ne vise évidemment pas uniquement le président lui-même. Celui qui l'a tendue là sait que la résidence des présidents d'Israël accueille tous les chefs d'État, les ambassadeurs, les dirigeants de partis, les personnalités influentes. Celui qui a déployé cette bannière voulait exprimer son opinion — sans ambiguïté ni sous-entendu — qu'Israël doit œuvrer pour la paix. Un euphémisme, en réalité, pour dire : capituler, plier, laisser les forces violentes de la région accomplir leurs ambitions. Quiconque demande de parier, de simplement « donner sa chance », ne se souvient apparemment pas que lorsque l'on a suivi cette formule, cela ne s'est pas terminé en paix.

Le piège des accords et les calculs politiciens

Nous avons coutume de dire que les Iraniens ne respecteront pas les termes d'un accord — mais on peut tout aussi bien dire que les États-Unis ne les respecteront pas, que Trump ne les respectera pas. Car l'objectif n'est pas un accord, mais l'élimination définitive de la menace iranienne.

C'est ce que nous devons voir se concrétiser dans les prochaines années. Le problème dans la politique israélienne, c'est un phénomène bien connu : des politiciens qui, face à un accord, se demandent d'abord « qu'est-ce que j'y gagne contre Bibi ? ». Ce sont des hommes assoiffés de pouvoir, à la tête de partis qu'ils ont fondés pour eux-mêmes, et chacun d'eux veut devenir Premier ministre.

Des paris qui finissent toujours mal

Depuis lors, les États-Unis ont également abandonné l'Afghanistan et les combattants qui résistaient au régime de terreur des talibans. En réalité, nous aussi, nous avons abandonné — les combattants de l'ALS (Armée du Liban-Sud). Et nous avons abandonné les habitants de la bande de Gaza. Nous aussi, nous avons donné notre chance. Ces paris et ces chances ont eux aussi mal tourné. Alors, s'il vous plaît, plus de chances, plus de paris. Je m'adresse à toi, Trump. Je te fais confiance. Il y a trop de gens à qui je ne peux pas me fier.