La pression économique sur Téhéran

L'Iran n'aurait réussi à exporter que quelques pour cent de la totalité du pétrole brut qu'il vendait à la veille de la guerre. Le manque de liquidités provenant de ce secteur industriel — le plus important du pays — s'ajoute aux dommages considérables causés par le conflit et à l'arrêt d'autres filières de production de la République islamique, telles que les industries pétrochimiques et les usines métallurgiques. Cette situation a allégé la pression sur les États-Unis : chaque jour qui passe réduit la capacité de l'Iran à réparer les dégâts de guerre, à orienter des fonds vers les industries militaires ou les organisations proxies, ou à reconstruire ses installations nucléaires. Dans l'intervalle, les Américains maintiennent l'intégralité de leurs forces dans la région et pourraient, même maintenant, avec la reprise des combats, rejoindre l'offensive à leur guise. Il est tout à fait plausible que cette pression soit l'un des facteurs qui ont poussé Téhéran à tester la détermination américaine en ce moment.

Pourquoi Trump n'a-t-il pas rompu les ponts ?

Et pourtant, pourquoi Trump n'a-t-il pas tout fait sauter ? La Maison-Blanche ne craint-elle pas que, même si l'escalade venait à se calmer, les négociations ne puissent se prolonger indéfiniment ? Le président Trump a souligné à plusieurs reprises, au cours des deux derniers mois, qu'il ne redoutait pas qu'une guerre contre l'Iran ou des pourparlers avec Téhéran nuisent aux élections de mi-mandat, et qu'un tel scénario ne constituait pas un facteur pesant sur sa politique. Cela dit, il a lui-même relevé la semaine dernière que les discussions avec l'Iran s'éternisaient, selon lui, bien trop longtemps. La perspective d'une rupture des négociations à ce stade le préoccupe assurément aussi, et il s'emploie effectivement à amener les deux parties à cesser le feu.

Deux considérations fondamentales guident le président, et l'on peut les identifier avec une relative certitude. La première est le refus de Trump de s'engager dans une guerre contre l'Iran et sa préférence pour atteindre ses objectifs par la voie diplomatique. Bien que la Maison-Blanche reconnaisse que les chances de succès d'une telle démarche ne soient pas évidentes, elle a préféré lui laisser sa chance. Même aujourd'hui, les Américains ne se sont pas joints aux frappes israéliennes.

La seconde considération tient au fait que le président est fermement résolu — comme il l'a déclaré à maintes reprises — à traiter la menace nucléaire iranienne, sur laquelle il n'entend pas céder. Aux yeux de Trump, il s'agit de l'objectif premier de la guerre, et c'est dans ce but qu'il s'y est engagé dès l'origine — tant en mars de cette année qu'en juin de l'année précédente — afin d'éliminer le programme nucléaire de Téhéran. Il ne fait aucun compromis sur cette question. Aussi bien dans les négociations qui ont précédé la guerre que maintenant, il a insisté pour que, quel que soit le cadre trouvé, il soit convaincu et satisfait qu'il n'existe plus de telle menace de la part de l'Iran.

Trump pense à son héritage

Mais comment le président peut-il ne pas tenir compte de sa politique intérieure et des élections à venir, de la situation sur le terrain ou du moral combattant iranien ? Trump est guidé par une vision à long terme, une conviction profonde et intime quant au danger que représente le nucléaire iranien. Il en parlait déjà il y a de nombreuses années, et il reste attaché à cette position aujourd'hui. C'est pourquoi il était prêt à entrer en guerre — un acte qui ne fait pas partie des habitudes appréciées des présidents américains — à risquer des vies de soldats et à dilapider des ressources précieuses qu'il aurait pu consacrer au développement des États-Unis. C'est aussi la raison pour laquelle il n'a pas accepté les propositions de cessez-le-feu dans le cadre des négociations actuelles, même si elles répondaient à d'autres de ses besoins.

À ce stade de son second mandat, Trump ne pense plus seulement à l'instant présent : il pense à la place que lui réservera l'histoire — quelque part entre l'échec de Carter en Iran et la politique de désengagement d'Obama au Moyen-Orient.