Un débat public qui tourne à vide

Le récent débat à la Knesset sur l'augmentation des quotas de travailleurs étrangers suscite une vaste controverse publique. Des accusations d'absence de planification et de perte de contrôle sur l'emploi, aux arguments sur l'importance de privilégier les travailleurs israéliens, en passant par la stupéfaction face à l'ampleur du phénomène — bien que celle-ci soit inférieure à ce que l'on croit.

Mais il est important de dire les choses telles qu'elles sont, et de préférence à voix haute : l'économie israélienne, telle qu'elle est construite aujourd'hui, ne peut tout simplement pas fonctionner sans travailleurs étrangers. Ni dans la construction, ni dans l'agriculture, ni dans les soins à domicile, ni dans les usines, et certainement pas dans le commerce et la distribution.

Depuis le 7 octobre : une crise de main-d'œuvre sans précédent

Depuis le 7 octobre, Israël a dû faire face d'un seul coup à l'une des crises de main-d'œuvre les plus aiguës de son histoire. Dans le seul secteur de la construction, des dizaines de milliers de travailleurs ont disparu presque du jour au lendemain. Des chantiers ont été gelés, des projets stoppés, les coûts ont explosé et l'économie a connu une paralysie partielle. Face à ce vide, l'État a fait ce que tout gouvernement responsable aurait fait : il a ouvert ses portes aux travailleurs étrangers. Non par idéologie, mais par nécessité de survie.

Mais en Israël, comme toujours, même une mesure destinée à éviter l'effondrement est immédiatement devenue une cible politique et médiatique. Au lieu de se demander comment réguler intelligemment ce domaine, on a entendu à nouveau l'argument bien connu selon lequel « l'État a perdu le contrôle » et que les travailleurs étrangers « évincent les Israéliens ». Un argument qui sonne bien sur les plateaux de télévision, mais qui se fracasse contre la réalité du terrain.