Beaucoup de gens pensent que les sélections nationales doivent recourir à des méthodes ultra-scientifiques et sophistiquées pour atteindre leur pic de forme avant la Coupe du monde. Pourtant, à en juger par les séances d'entraînement de l'équipe de France — toutes filmées et diffusées sur les réseaux sociaux —, le staff de Didier Deschamps a fait le choix d'une simplicité presque déconcertante.

Dans une première phase, chaque session de préparation physique débutait par un travail de course continue à des vitesses comprises entre 10 et 14 km/h. L'objectif est de solliciter massivement le système aérobie, en apprenant au corps à soutenir un effort prolongé sur de longues distances à allure modérée. C'est la méthode des préparateurs physiques français pour augmenter le volume d'échauffement, relativement peu contraignante pour l'organisme.

La seconde phase montait nettement en intensité : des courses à plus de 18 km/h. Pour un Mondial, le staff sait que les joueurs seront amenés à produire des efforts à haute intensité et qu'ils devront être capables de les répéter avec régularité. Deux exercices clés ont été utilisés : une course de surface à surface à terminer en moins de 30 secondes dans un sens, puis un aller-retour depuis la surface de réparation à boucler en moins de 15 secondes.

Cette méthode constitue la voie la plus sûre et la plus éprouvée pour améliorer la condition aérobie générale. Elle a également l'avantage d'être facile à comprendre pour les joueurs et aisée à suivre pour le staff technique.

Mbappé, à mi-régime

Des préparateurs physiques ayant analysé ces séances ont souligné ce qu'il y a d'impressionnant dans cette approche épurée. La Coupe du monde est un marathon, pas un sprint : en améliorant la capacité aérobie des joueurs, on leur permet de maintenir des intensités élevées plus longtemps et de récupérer plus vite entre les phases de course intense.

D'après ce que l'on a pu observer et ce que les joueurs ont confié, ce travail intensif dans les deux semaines précédant le Mondial s'est révélé crucial pour aiguiser les organismes après une longue saison. À noter que le grand homme de ces entraînements n'était autre que Michael Olise, que ses coéquipiers ont surnommé « la bête » ou « la machine ».

Kylian Mbappé, la grande star de la sélection française, a lui aussi participé à ces séances intensives — mais sans afficher le niveau de combativité d'un Olise. Le sentiment qui se dégage au sein de l'équipe de France est que l'on ne peut pas vraiment compter sur lui pour abattre le travail défensif indispensable. Selon un rapport de L'Équipe, Ousmane Dembélé aurait même exhorté Mbappé à rehausser son niveau d'implication défensive en sélection, dans la lignée des reproches que lui avait adressés Luis Enrique lorsqu'il évoluait au Paris Saint-Germain. Mbappé a lui-même reconnu avoir besoin de « progresser défensivement », mais les images des derniers entraînements semblent indiquer qu'il effectue les exercices d'échauffement et de coordination à mi-régime.

Ce que Luis Enrique n'a pas dit — et ce qu'il a quand même dit

Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut se souvenir de la sortie de Luis Enrique, qui avait mobilisé toute sa diplomatie pour ne pas laisser transparaître à quel point il se réjouissait du départ de Mbappé.

« Tout ce que je peux dire sur Kylian Mbappé en tant que footballeur et en tant qu'homme, ce sont des choses merveilleuses », avait déclaré Luis Enrique aux journalistes un samedi, quelques jours après l'annonce, en mai 2024, de son transfert de Paris à Madrid. « Je comprends sa décision. Il est là depuis sept ans et c'est une légende du club. Il a tout donné à ce club, et ce club lui a tout donné. Je lui souhaite le meilleur pour l'avenir. Ce fut un honneur et une fierté de l'avoir dans cette équipe. Il nous a aidés, c'est un leader, et il l'a fait le sourire aux lèvres. »

« Tout ce que je peux dire sur Kylian Mbappé en tant que footballeur et en tant qu'homme, ce sont des choses merveilleuses », avait déclaré Luis Enrique aux journalistes un samedi, quelques jours après l'annonce, en mai 2024, de son transfert de Paris à Madrid. « Je comprends sa décision. Il est là depuis sept ans et c'est une légende du club. Il a tout donné à ce club, et ce club lui a tout donné. Je lui souhaite le meilleur pour l'avenir. Ce fut un honneur et une fierté de l'avoir dans cette équipe. Il nous a aidés, c'est un leader, et il l'a fait le sourire aux lèvres. »

Le départ de Mbappé — qui avait inscrit 255 buts sous le maillot du PSG toutes compétitions confondues, remporté six titres de champion de France avec le club, sans jamais parvenir à s'imposer au plus haut niveau européen en Ligue des champions — avait conduit Enrique à livrer le fond de sa pensée : « Indépendamment de qui est là ou de qui est absent, mon objectif est que nous soyons plus forts la saison prochaine. Le PSG continuera d'être un grand club et nous serons encore meilleurs. Nous recruterons des joueurs avec un fort état d'esprit, des joueurs qui s'identifient au club… C'est comme ça que fonctionne la vie. »

Et de fait, le départ de Mbappé a transformé le Paris Saint-Germain en une équipe plus forte, portée par des joueurs prêts à travailler pour le collectif plutôt qu'à en récolter les fruits. Il se pourrait bien que, pour remporter la Coupe du monde, la France doive traverser le même drame : celui de mettre Mbappé sur le banc.