La Turquie attendait ce moment depuis 24 ans : retrouver la scène de la Coupe du monde. Mais ce dimanche matin, la grande fête a rapidement tourné à la désillusion.

La défaite 2-0 contre l'Australie à Vancouver n'a pas seulement compliqué la situation de la sélection dans le groupe D — elle a également déclenché une vague de critiques acerbes à l'encontre du sélectionneur Vincenzo Montella.

Une liesse populaire vite éteinte

Avant même le coup d'envoi, la Turquie vibrait d'une excitation immense. Des écrans géants avaient été installés dans plusieurs villes à travers le pays, des milliers de supporters s'étaient rassemblés sur les places publiques dès les premières heures du matin, et à Izmir, Istanbul et ailleurs régnait une atmosphère de fête nationale autour de ce premier match de Coupe du monde depuis 2002.

Mais l'espoir immense a rapidement cédé la place à la frustration. Les médias turcs ont qualifié la prestation de « l'une des plus décevantes de ces dernières années », la grande majorité des critiques visant directement Montella.

Le débat de l'avant-centre

Le principal reproche adressé au sélectionneur concerne son choix d'aligner une équipe sans véritable avant-centre. Supporters et commentateurs se sont interrogés : comment une sélection qui dispose de joueurs créatifs du calibre d'Arda Güler et Hakan Çalhanoğlu peut-elle aborder un match de Coupe du monde sans présence réelle dans la surface ?

La « polémique de l'avant-centre » est rapidement devenue le sujet numéro un sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont souligné que la Turquie avait dominé certaines phases du jeu, mais s'était montrée totalement inoffensive dans le dernier tiers du terrain.

« En Coupe du monde, on ne peut pas jouer sans avant-centre et espérer que ça se passe bien », pouvait-on lire sur l'un des sites les plus populaires du pays.

Montella dans la tourmente

La gestion du match par Montella a elle aussi été sévèrement critiquée. Les remplacements tardifs et le fait que Kenan Yıldız, l'un des plus grands talents de la sélection, ne soit entré qu'en seconde mi-temps ont suscité de nombreuses interrogations.

Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont avérées encore plus virulentes :

Des voix se sont également élevées pour pointer du doigt les joueurs eux-mêmes. Malgré le talent offensif du groupe, la Turquie a peiné à créer un véritable danger pendant de longues minutes, apparaissant bien loin de la sélection qui avait su susciter de grandes attentes ces dernières années.

Une occasion historique gâchée ?

L'amertume est d'autant plus profonde que la Turquie avait désigné ce Mondial comme une opportunité historique. Depuis la troisième place obtenue en 2002, la sélection avait été absente du tournoi pendant plus de deux décennies, et beaucoup croyaient qu'elle pourrait être l'une des belles surprises de la compétition.

Montella n'a pas encore perdu la confiance de la fédération, mais il est clair que la pression autour de lui a considérablement augmenté en l'espace de quelques heures. En Turquie, le prochain match contre le Paraguay est d'ores et déjà présenté comme un match « de la dernière chance » pour espérer se qualifier pour le tour suivant.