La vérité est pourtant tout l'inverse. Sous les écrans de fumée qu'elle déploie, l'Iran agit depuis une position de faiblesse — surtout alors que le sablier américain est sur le point de s'écouler. En résumé, voici ce qui se passe réellement, et les signes qui témoignent qu'Iran est loin d'être en position de force.
1. Dans les coulisses des funérailles
L'élément le plus frappant des dernières vingt-quatre heures est la fracture profonde qui s'est révélée précisément lors des cérémonies funèbres à Téhéran. Malgré les efforts de mobilisation agressifs du régime — distribution de denrées alimentaires comme le riz aux fonctionnaires, mise à disposition de bus gratuits depuis les régions périphériques —, des rapports sur les réseaux sociaux font état de la déception au sommet du pouvoir : le grand complexe de la Mossalla et le parcours du cortège sont restés à moitié vides.
Tout cela se produit alors que de nombreux citoyens ont été contraints de participer aux cérémonies d'adieu au Guide. Les autorités et les institutions ont exercé des pressions sur les organisations de travailleurs, les entreprises et les associations caritatives pour qu'elles ferment leurs portes (sous peine d'amende). Dans les municipalités, les congés des employés ont été annulés ; même les travailleurs des secteurs des médias et de l'automobile ont été réquisitionnés. L'aéroport a été fermé au trafic civil, et dans les zones industrielles de Téhéran, les entreprises ont été sommées d'installer des stands de nourriture et de boissons — à leurs propres frais. Les grandes entreprises ont été contraintes de débourser plus d'un demi-million de dollars chacune (soit plus d'un trillion de rials iraniens) pour financer ces aménagements — à titre de comparaison, le revenu mensuel moyen en Iran est d'environ 150 dollars.
Qui plus est, à la dernière minute, pour des raisons sécuritaires et par crainte d'émeutes, le régime a modifié le trajet du cortège funèbre à Téhéran. Ce changement a laissé des milliers de villageois et de citoyens venus de province — ayant parcouru des centaines de kilomètres et attendu pendant des heures au bord des routes — coincés, dans l'impossibilité de participer aux cérémonies. Cela n'a fait qu'exacerber la frustration dans la rue et la tension entre la population ordinaire et le régime.
2. La remise en état des installations nucléaires
Le complexe nucléaire d'Ispahan fait l'objet d'une attention particulière dans ce contexte de crise. Les tentatives de réactivation des centrifugeuses endommagées constituent un signal supplémentaire de la fragilité du régime, qui cherche à restaurer des leviers de pression face à la communauté internationale.
3. Les cellules d'assassinat aux États-Unis
Des menaces explicites de mort visant Donald Trump ont été proférées, y compris dans la presse iranienne officielle. Ces menaces, loin de témoigner d'une confiance en soi, révèlent une posture désespérée d'un régime acculé, cherchant à intimider là où il ne peut plus agir militairement.
4. L'effondrement économique
Les dernières données officielles en provenance d'Iran pointent vers une catastrophe économique sans précédent. L'inflation alimentaire a franchi le seuil des 100 % — rien qu'au cours des deux derniers jours, le prix du riz a doublé. Les panneaux d'affichage à Téhéran illustrent la flambée des prix dans un pays où le pouvoir d'achat s'érode à une vitesse vertigineuse.
5. « Protection » dans le détroit d'Ormuz : la motivation est l'argent, pas la guerre
Plus encore, cette posture témoigne de l'échec à bloquer le détroit par des missiles et des vedettes rapides face à la route maritime méridionale ouverte par les États-Unis à proximité des côtes omanaises. Elle témoigne également d'une détresse économique et d'une pression iranienne pour trouver des liquidités. Il s'agit en réalité d'une tentative de générer une source de financement immédiate par le biais d'une « protection » imposée aux navires. Rappelons qu'Iran a accordé à la Chine — qui lui achète son pétrole — une exemption de ces paiements, afin d'éviter qu'un front uni se constitue contre elle.
Le silence américain ? Pas vraiment
En toile de fond, l'ensemble du dispositif se situe à l'approche de la fin des grandes commémorations nationales aux États-Unis. Beaucoup se sont interrogés sur les raisons du silence de Washington ces dernières semaines, alors qu'Iran formulait des menaces explicites — en paroles comme en actes — y compris des appels à l'assassinat de Trump.
La réponse réside probablement dans un calcul stratégique : laisser le régime iranien s'épuiser, avant de reprendre l'initiative après la période des fêtes nationales américaines, avec l'œil déjà tourné vers les élections de mi-mandat de novembre.
En conclusion
La réalité que le régime iranien tente de projeter — et qui fait les manchettes chez nous comme dans le monde — n'est rien de plus qu'un écran de fumée destiné à masquer une faiblesse profonde. Il y a une tentative d'acheter du temps et de « gratter de l'argent » pour survivre à l'hostilité croissante de sa propre population. Il existe une probabilité non négligeable que nous commencions à observer de véritables fissures au sein du régime dès les mois d'été, et que le silence américain prenne fin une fois les commémorations nationales passées — notamment avec l'intention d'aborder les élections de mi-mandat de novembre dans une position différente.